jeudi 19 août 2010

Abolition de la peine de mort au Bénin: Une coalition nationale mise sur pied

A l’initiative du Secrétariat d’Amnesty International Bénin, il s’est tenu 27 juillet 2010 au siège de cette institution de défense des droits de l’homme, une séance de travail qui a réuni les représentants des Organisations Non Gouvernementales (ONG) telles que Droits de l’Homme, Paix et Développement (DHPD), Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture (ACAT Bénin), Réseau Ouest-Africain pour l’édification de la Paix (WANEP), Réseau Inter Africain des Habitants (RIAH Bénin), West african network of journalists for peacebuilding (Wanjop-Bénin) et du Conseil National des Rois du Bénin. Une rencontre qui a mis en place une coalition contre l’abolition de la peine de mort au Bénin.

L’objectif de cette Séance est de créer au Bénin la Coalition contre la peine de mort. En effet, le Bénin est reconnu comme abolitionniste en pratique de la peine capitale. La dernière exécution remonte à 1987. Mais la peine de mort reste encore dans l’arsenal juridique du pays.

C’est donc pour amener l’Etat béninois à enlever de son système juridique la sentence de la peine de mort que ces organisations de défense des droits de la personne humaine ont mis sur pied une coalition contre cette odieuse sentence. Et pour mieux faire comprendre aux participants l’obligation pour les Etats d’abolir cette sentence, un exposé a été fait par la Directrice d’Amnesty International Bénin sur les dix raisons qu’avance Amnesty International pour défendre le doit à la vie. Ces dix raisons qui prennent appui sur le pacte international relatif aux droits civils et politiques sont entre autres « La peine de mort viole le droit à la vie », « La peine de mort est une sanction cruelle et inhumaine », « La peine de mort n’a aucun effet dissuasif », « La peine de mort est un meurtre avec préméditation qui avilit l'État et rend la société plus violente », « La peine de mort est discriminatoire dans son application », « La peine de mort nie la capacité de tout homme à s’amender et à devenir meilleur », « La peine de mort ne ramène ni la stabilité sociale ni la paix intérieure des victimes », « La peine de mort nie la faillibilité des institutions humaines », « La peine de mort est une punition collective » et « La peine de mort va contre les valeurs religieuses ou humanistes communes à l’ensemble de l’humanité »

Au cours de la rencontre, l’occasion a été donnée aux participants de savoir, à travers un autre exposé, le niveau actuel du débat contradictoire qu’animent et partisans de la peine de mort et abolitionnistes. Si les premiers partent du principe que la peine de mort est une peine et qu’une peine est faite pour être peinée et que c’est ce qui fait son intérêt, les seconds quant à eux, partent du principe que la peine de mort constitue l’ultime violation de l’être humain et du droit à la vie. Selon les statistiques récentes établies quatre vingt dix-huit (98) pays dans le monde l’ont abolie en toutes circonstances dans leur système législatif et juridique. Le Bénin ayant adopté la Déclaration Universelle des droits de l’homme et signé le pacte relatif aux droits civils et politiques doit de droit abolir la peine de mort.

En créant cette Coalition, les différentes organisations entendent conduire le Bénin à s’inscrire au rang des pays abolitionnistes. Conscients du fait que la marche vers l’abolition de la peine de mort n’est pas une sinécure, les membres de la Coalition ont élaboré leur feuille de route en adoptant un plan stratégique. Des actions de lobbying, de plaidoyer et des campagnes d’informations et de sensibilisation sont prévues en direction des acteurs politiques et autres décideurs afin que le Bénin ratifie le deuxième protocole se rapportant au pacte relatif aux droits civils et politiques pour l’abolition de la peine de mort.

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