mardi 30 novembre 2010

Lutte contre les violences faites aux femmes: Une cinquantaine de femmes d’Amnesty Bénin outillées

Le samedi 27 novembre 2010, une cinquantaine de membres du Réseau femmes d’Amnesty International Bénin a pris part à un atelier de formation. La séance de renforcement des capacités formation qui s’est déroulée au Chant d’Oiseau de Cotonou s’inscrit dans le cadre de la commémoration de l’édition 2010 de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

A l’instar des années antérieures, la section béninoise d’Amnesty international n’est pas en marge de la célébration de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Ainsi, dans le cadre des 16 jours d’activisme qu’elle a initié depuis plusieurs années, ce mouvement de défense des droits humains a opté pour le renforcement des capacités de ses femmes sur le thème « Lutte contre les violences liées au genre : vers une meilleure protection des droits sexuels et de la reproduction ». A la suite de la Coordonnatrice du Réseau des femmes d’Amnesty Bénin, Mme Aïchatou Ponou qui a mis en relief les actions de son creuset, la directrice d’Amnesty international Bénin, Mme Morèle Déhy s’est réjouie de la forte mobilisation observée au sein des participantes venues de Cotonou, Porto-novo, Bohicon, Djougou, Lokossa, Sakété, Bassila, Abomey-Calavi, Natititngou…qui témoigne, à son avis, de leur intérêt à la question de la promotion des droits de la femme. Car, selon ses propos, malgré l’existence de dispositifs juridiques faisant état de l’égalité entre les sexes au Bénin, la gente féminine continue de subir des violences liées au genre alors que selon elle, « le monde ne vaut rien sans les femmes ». C’est pourquoi, après avoir plaidé pour des efforts plus soutenus de la part des autorités béninoises, Morèle Déhy a invité les participantes à cette session de formation à s’investir dans leurs localités et leur milieu professionnel afin que « l’égalité entre les sexes ne demeure pas seulement un idéal mais devienne une réalité au Bénin ».

Dans ses mots d’ouverture des travaux, le représentant du président d’Amnesty international Bénin, Dominique Aplogan a expliqué que cette formation vise à renforcer les capacités des participantes en vue de leur contribution à une prise de conscience collective sur la nécessité d’éradiquer les violences faites aux femmes au Bénin. Aussi, a-t-il exhorté les bénéficiaires de la formation à faire de cette séance un tremplin pour devenir des lanternes dans leurs milieux respectifs en vue de contribuer efficacement au combat d’Amnesty international contre les violences liées au genre.

Notons qu’au cours de cette formation, la cinquantaine de femmes a été édifiée par des communications portant sur des thèmes tels que « Amnesty international et la lutte contre les violences liées au genre : vers une meilleure protection des droits sexuels et génésiques » et « Etat des lieux de la santé de la reproduction au Bénin ».

mercredi 17 novembre 2010

Roland Lumumba, fils du leader nationaliste congolais Patrice Emery Lumumba: « Mon père aurait aimé que nous soyons beaucoup mieux après 50 ans »

Quelle est votre impression sur le symposium sur les cinquantenaires des indépendances organisé ici à Cotonou ?
Roland Lumumba: J’estime que ce genre de symposium sont très importants surtout en ce moment là. Parce que beaucoup de nos pays qui ont fêté les cinquante (50) ans, c’était plus de festivités. Et je crois qu’après cinquante ans, ça doit être la réflexion des cinquante ans passés mais surtout des cinquante ans à venir. Comment on va les aborder, comment on va résoudre tous les problèmes qu’on n’a pas résolus pendant les cinquante ans passés.

Avez-vous l’impression aujourd’hui qu’après cinquante ans, le combat mené par votre père, Patrice Emery Lumumba est en train de porter ses fruits ?
J’estime que le combat porte ses fruits, il y a beaucoup de lettrés sur le continent, il y a certains points positifs. Mais si l’on fait le bilan global, il aurait aimé qu’on soit beaucoup mieux que ça surtout cinquante ans après. Son combat, c’était un combat pour le bien-être de la jeunesse, un combat pour l’emploi, l’éducation, la santé au niveau continental. Mais, il faut qu’on fasse l’effort nécessaire et aller dans le sens de l’union. Je vois certaines velléités, des aspects très individualistes sur des aspects très artificiels, mais aujourd’hui il est temps dans le sens que les Kwame Nkrumah, Nasser, Patrice Lumumba voulaient qui était l’union du continent.

Qu’est-ce que ça fait pour vous d’être le fils d’un Héros africain tel que Patrice Lumumba ?
J’ai toujours eu un sentiment de fierté d’être le fils d’une légende, c’est une chance mais c’est beaucoup de responsabilités. On n’a pas grandi avec les mêmes facilités que « monsieur tout le monde » mais j’essaie de faire l’effort d’être digne de porter son nom.

Entretien réalisé par Jean-Claude DOSSA

lundi 15 novembre 2010

Défense et promotion des Droits humains: Le Bénin désormais doté de son Réseau Equitas

Depuis le samedi 30 octobre, le Bénin s’est enrichi d’une nouelle organisation de défense et de promotion des Droits de la personne humaine. En effet, à la faveur de son assemblée générale constitutive tenue à Cotonou, le réseau des éducateurs aux droits humains Equitas vient d’être porté sur les fonts baptismaux par d’anciens participants au Programme International de Formation aux Droits Humains(PIFDH). Ainsi, après plusieurs pays francophones, anglophones et lusophones, le Bénin se dote à son tour de sa section nationale d’Equitas pour contribuer à la promotion, à l’éducation et à la défense des Droits de la personne humaine au Bénin. Elu coordonnateur de ce creuset à l’issue de l’assemblée générale constitutive, Parfait Hankan estime que son organisation s’assigne entre autres missions « de contribuer à l’édification d’une culture des droits humains dans le monde et l’instauration de l’État de droit en Afrique francophone en général et en particulier au Bénin en offrant des programmes de formation,  de recherche et de plaidoyer, au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les pays et les régions où ils sont les plus menacés… ». Ainsi, selon lui, son équipe s’attèlera à la noble mission d'éducatrices et d'éducateurs aux Droits humains en vue de faire du Bénin l’Etat de droit auquel aspire ses fils et filles.
Notons que Equitas est un Centre international d'éducation aux Droits humains basé à Montréal au Canada et doté de plusieurs antennes à travers le monde dont la mission et de contribuer à promouvoir et défendre les droits humains.

Bureau élu du Réseau Equitas Bénin
1.    Coordonnateur national : Parfait Hankan
2.     Rapporteur : Rigobert Akognon
3.    Trésorier : Salomon Ayéna Ogouma
4.    Responsable charge des études, de la formation et des recherches : Damien Zinsou Seglonou
5.    Chargée de plaidoyer, de la mobilisation et de la médiation : Mme Blandine Yaya Sintondji




mercredi 10 novembre 2010

Analyse et transformation des causes de conflitspériode électorale au Bénin: Wanep-Bénin outille ses points focaux


 Cotonou a servi de cadre, les lundi 08 et mardi 09 novembre 2010 à un atelier de formation sur l’analyse et la transformation des causes de conflits. Organisée par  le Réseau ouest africain pour l’édification de la paix (Wanep), cette session de deux jours vise à favoriser une meilleure implication de cette organisation dans la prévention des conflits.

Amorcé depuis le mois de septembre, le « Projet de renforcement du réseau et promotion de l’alerte précoce et des réponses rapides au Bénin, (BeWarn) » initié par le Réseau ouest africain pour l’édification de la paix (Wanep-Bénin) avec l’appui de la Coopération américaine, Usaid suit son cours. Ainsi, après les ateliers de formation organisés respectivement le 08 et du 21 au 22 octobre derniers, la vingtaine de points focaux identifiés par cette organisation sur toute l’étendue du territoire national, sont à nouveau outillés pour contribuer à une alerte précoce des conflits au Bénin à l’occasion de la période électorale. Dans son mot de bienvenu à l’occasion de l’ouverture des travaux, le Coordonnateur national de Wanep-Bénin, Julien Oussou a rappelé que « le projet de renforcement du réseau et promotion de l’alerte précoce et des réponses rapides au Bénin  (BeWARN) est initié par WANEP-Bénin et financé par l’USAID dans le cadre du Early Warning and Response Design Support Peace Fund ».
Ainsi, expliquera t-il, « durant une période de sept (07) mois allant de septembre 2010 à mars 2011, le projet BeWarn part d’un renforcement de capacités de 25 moniteurs pour asseoir un exercice de suivi de la situation de paix au Bénin par l’analyse et le transformation des causes de conflits, pour la formulation d’alerte et l’accompagnement pour la réponse au niveau communautaire. Et la période électorale actuelle constitue sa phase pilote ». pour sa part, le représentant du Président du conseil d’administration (Pca) de Wanep-Bénin, Constant Gnacadja fera observer que cet atelier vise à « renforcer les capacités en analyse et transformation des causes de conflit des points focaux du projet BeWarn ainsi que la prise en compte de l’analyse des causes de conflit dans la collecte et le traitement des données d’alerte ». Aussi, invitera t-il les 25 points focaux BeWarn participants à la formation à intégrer « l’analyse des causes de conflits dans la matrice de collecte des données d’alerte ». Notons que cette session de formation de deux jours qui doit rendre les points focaux Bewarn de Wanep-Bénin opérationnels dans les onze (11) départements dont ils sont issus, a été enrichie par plusieurs communications dont « Les crises en périodes électorales depuis 1990 au Bénin : quelles leçons et quelles actions pour 2011 ? », « La théorie générale et la dynamique des conflits », « Les outils d’analyse de conflits et leur application » et « A bâtons rompus : Repères, acteurs et utilités de l’alerte et de la réponse en période électorale ». 

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mardi 26 octobre 2010

Semaine mondiale de visite des postes de police et de gendarmerie: La Société civile béninoise au contact de 20 postes de police et de gendarmerie

L’édition 2010 de la semaine mondiale de visite de postes de police et de gendarmerie n’est pas passée inaperçue au Bénin. A l’initiative du Réseau ouest africain pour l’édification de la paix (Wanep-Bénin), vingt (20) gendarmerie et police ont reçu des délégations de la société civile béninoise.

Destinée à favoriser des reformes en matière de sécurité notamment dans les pays en voie de développement, la semaine de visite des postes de police et de gendarmerie est une initiative internationale de la Société civile à laquelle prennent part neuf (09) pays africains dont le Ghana, le Malawi, le Cameroun, le Botswana, le Liberia, la Sierra Leone, le Nigeria, l’Ouganda et le Kenya. Ainsi, après l’édition 2007 à laquelle il avait pris part, le Bénin a une nouvelle fois sacrifié à cette manifestation à travers le déploiement de nombreuses délégations de la Société civile dans une vingtaine de postes de police et de gendarmerie sur l’étendue du territoire national. Il en est ainsi par exemple des gendarmeries d’Agblangandan, Godomey, Agla, Abomey-Calavi, Avotrou…et des commissariats de police de Xwlacodji, Kpondéhou, Dantokpa, Gbèdjromèdé, Fifadji…

Cette descente dans les postes de police du Bénin vise, selon les responsables de la Fondation Cleen, principal soutien financier de Wanep-Bénin dans la réalisation de cette enquête, à évaluer la qualité des services offerts aux usagers, les conditions de travail des agents chargés de la sécurité publique, les conditions de détention des prisonniers, la transparence et la responsabilité…en vue de reconnaître et récompenser les meilleures pratiques au sein des postes de police et de gendarmerie dans le monde. Par ailleurs, explique la directrice adjointe de Cleen Foundation, Mme Kèmi…, « les pratiques observées lors de la visite des postes de police et de gendarmerie peuvent être prises en compte par les autorités en charge de la sécurité pour favoriser des reformes au Bénin ».

Pour sa part, le Coordonnateur chargé de l’alerte précoce et de la prévention des conflits de la zone 4 de la Cedeao à Wanep-Bénin, Constant Gnacadja estime qu’à travers cette activité prévue pour se tenir du 22 au 28 octobre prochain à travers le monde, les autorités béninoises peuvent poser les jalons pour une reforme qualitative du système de sécurité susceptibles de contribuer au développement du pays.

Notons que lors de la 1ère édition de la visite des postes de police et de gendarmerie au Bénin en 2007, le commissariat spécial de Dantokpa avait été primé pour ses bonnes pratiques ; toute chose qui lui avait alors valu de recevoir d’importants lots d’équipements pour des performances plus encore grandes.

samedi 23 octobre 2010

Formation en alphabétisation des couches défavorisées du Bénin: L’Ong italienne Ricierca E Cooperazione affranchit 76 femmes de l’ignorance

Le centre du Projet « Protection et insertion sociale des filles Vinonmègon » sis au quartier Aïbatin de Cotonou a servi de cadre, le mercredi 20 octobre dernier, à une cérémonie de remise d’attestation aux bénéficiaires de la campagne d’alphabétisation de 2010. Plusieurs personnalités et invités ont rehaussé de leur présence cette cérémonie.

Faciliter aux filles en situation difficile l’accès au marché du travail pour leur permettre d’avoir une vie digne et autonome. C’est la noble tâche à laquelle s’attèle depuis son démarrage en octobre 2007 le projet «Protection et insertion sociale des filles Vinonmègon » promu par l’Organisation italienne Ricierca et Cooperazione en collaboration avec plusieurs partenaires béninois en l’occurrence Grapad, Acfb et Adpa et l’appui financier de la Coopération italienne. C’est dans ce cadre que seize (16) filles et soixante (60) femmes adhérentes de l’Association des caisses de financement à la base (Acfb) viennent de bénéficier, au terme e six (06) mois de formation de leur attestation en alphabétisation initiale en langue nationale fon et français ainsi que de post alphabétisation en langue nationale fon et français fondamental.

Dans ses mots de bienvenue à l’occasion de cette cérémonie consacrant la fin de la formation pour l’année 2010, la Responsable du Projet, Mme Danila Francesconi a expliqué que le projet offre aux filles en situation difficile « des activités d’alphabétisation, de formation professionnelle et d’information sur les thèmes de la santé de la reproduction ». Aussi, rappelant que la demande demeure croissante en alphabétisation des femmes au Bénin, Mme Danila Francesconi a-t-elle félicité les heureux récipiendaires pour leur abnégation durant les six (06) mois qu’a duré leur apprentissage.

A l’instar du Chef quartier d’Aïbatin 2, représentant à l’occasion le président du Comité de pilotage du projet et de la présidente de l’Association des femmes alphabétiseuses (Afa-Bénin) qui ont loué la persévérance et l’esprit de sacrifice des 76 bénéficiaires et de leurs formatrices avant de plaider pour la valorisation de leurs parchemins, le porte-parole des récipiendaires, Micheline Hounga a estimé que « c’est un jour de grande joie », d’autant plus qu’à travers la formation gratuitement offerte par Ricierca E Cooperazione, les bénéficiaires s’affranchissent de l’ignorance pour savoir désormais lire et écrire dans leur langue nationale.

Représentant à l’occasion le ministre en charge de l’alphabétisation, le directeur national adjoint de l’alphabétisation se réjouit de cette initiative de grande portée du Projet « Protection et insertion sociale des filles vinonmegon » qui témoigne, selon lui, de la bonne santé des relations entre le Bénin et l’Italie. Jules Dossou félicite d’autant plus Mme Danila Francesconi et son équipe dévouées à la cause du bien-être des couches vulnérables du Bénin que «la langue est l’un des plus importants outils de développement d’un pays». Aussi, invite t-il les récipiendaires à la capitalisation des acquis de cette formation pour une meilleure intégration socio-professionnelle dans la société béninoise.

mardi 19 octobre 2010

Célébration de la Journée mondiale du refus de la misère 2010: Amnesty Bénin expose les visages de la misère au Bénin

Le Centre culturel français (Ccf) de Cotonou a servi de cadre hier, mardi 19 octobre 2010, à une exposition intitulé « Les visages de la pauvreté au Bénin ». Initiative d’Amnesty Internationale Bénin, elle s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale du refus de la misère 2010.

Vaincre la pauvreté n’est pas un acte de charité mais un acte de justice. C’est fort de cette conviction que qu’Amnesty International Bénin (Aib) a décidé à l’occasion de l’édition 2010 de la Journée mondiale du refus de la misère, de mettre en relief quelques visages de la pauvreté au Bénin. Ainsi, la directrice de section, Mme Morèle Déhy a expliqué que cette exposition d’une vingtaine de photos montrant sous divers angles la misère dans laquelle vit une frange importante de la population béninoise, s’inscrit dans le cadre de la campagne 2010 d’Amnesty International « Exigeons la dignité » qui vise à œuvrer pour le respect effectif des droits économiques, sociaux et culturels des populations les plus démunies. Selon Morèle Déhy, « Amnesty International considère la pauvreté comme une pure violation des Droits de humains ». C’est pourquoi, il importe selon elle, d’agir pour « exiger que les droits des populations pauvres soient respectés et protégés ». Dans cette perspective, Mme Déhy invite les dirigeants à placer les Droits de l’homme au cœur de leurs actions de lutte contre la pauvreté car, dira-t-elle, « plus de droits humains est égale à moins de pauvreté ». Ces propos sont soutenus par le Coordonnateur de la campagne « Exigeons la dignité » d’Amnesty international, Epiphane Dossou qui explique qu’à travers cette séance d’exposition de photos prévue pour se poursuivre jusqu’au 25 octobre prochain, la section béninoise d’Amnesty Internationale vise à sensibiliser les populations sur leurs droits fondamentaux à l’éducation, à l’alimentation, au travail, à la santé…en vue de leur meilleure revendication effective auprès des pouvoirs publics. Cette initiative est saluée par le président de la Plate forme Droits économiques, sociaux et culturels du Bénin. Rappelant à l’occasion que le Bénin est signataire de la convention relative aux droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies, il invite le gouvernement à œuvrer pour l’élimination effective de la misère au Bénin d’autant plus que selon lui, « vaincre la pauvreté est une question de dignité ».

Notons que la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté ou Journée mondiale du refus de la misère, née de l'appel du Père Joseph Wresinski le 17 octobre 1987 à Paris et proclamée le 22 décembre 1992 par l'Assemblée générale des Nations Unies est commémorée chaque 17 octobre à travers le monde.

Wanjop-Benin et Youth for human rights, un partenariat pour les Droits de l'Homme

West African Network of Journalists de Peacebuilding (Wanjop) Bénin est en partenariat avec l'organisation américaine de promotion des droits humains au sein de la jeunesse, Youth for human rights. Ce partenariat s'est déjà concrétisé par un don de films et d'ouvrages sur les Droits humains qui ont permis à la section béninoise de WANJOP-Bénin d'organiser des projections de films au profit de la couche juvénile du Bénin.
La Coordination nationale de WANJOP se félicite de l'engagement de Youth for Human rights à ses côtés pour faire des Droits de l'homme une réalité au Bénin.

mercredi 13 octobre 2010

Interdiction de manifester au Bénin: Le gouvernement met la bâillonnette aux trousses des manifestants

Cotonou, la capitale économique du Bénin était en ébullition le mardi 12 octobre 2010. Et pour cause, de nombreuses associations de défense des Droits de l’homme et des syndicats se sont heurtées dans leur volonté de braver l’interdiction de marcher décrétée par le gouvernement sur toute l’étendue du territoire national. Pour l’Organisation de défense des Droits de l’homme et des peuples (Odhp) de Gustave Anato, la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) de Pascal Todjinou, la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb), la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin) s’opposent à la décision des autorités relative à l’interdiction de toutes manifestations suite à la disparition du cadre du Ministère des finances, Pierre Urbain Dangnivo.

Ainsi, dès les premières heures de la matinée de ce mardi, un déferlement de policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers munis de matraques, de char d’assaut, d’engins anti-émeute…a pris d’assaut la Bourse du travail pour empêcher tout attroupement conformément aux prévisions des manifestants.

Somme toute la mobilisation spectaculaire des forces de l’ordre à la Bourse du travail fait poindre à l’horizon de sérieuses menaces sur la paix civile et renforce le clivage entre le gouvernement et le corps social.

dimanche 10 octobre 2010

Contribution des journalistes à la paix en Afrique de l’Ouest: Le formateur de Inwent, Wolfram Zunzer Félicite Wanjop-Bénin


Invitée à prendre part le lundi 20 septembre 2010 au Novotel de Cotonou à la séance de travail entre une délégation du Kofi Annan international peacekeeping training center (KAIPTC) du Ghana en visite d’études au Bénin et Wanep-Bénin sur le thème « Le rôle de la Société civile dans la préservation et la gestion des conflits au Bénin », Wanjop-Bénin a mis à profit cette séance pour échanger avec le consultant, spécialiste des questions d’édification de la paix et formateur à l’Institut international de Journalisme de Berlin (IIJ INWENT), Wolfram Zunzer.

En effet, au terme de la séance de travail, la délégation de Wanjop-Bénin conduite par le Coordonnateur national du West African Network of Journalists for Peacebuilding (Wanjop-Bénin), Jean-Calude Dossa s’est réjouie de voir M. Zunzer dans la délégation du KAIPTC avant de lui présenter les différentes actions que mène ce réseau de journalistes engagé pour la promotion et la préservation de la paix en Afrique de l’Ouest et plus particulièrement au Bénin au nombre desquels des plaidoyers, des activités de sensibilisation dans les écoles et universités, des conférences, des ateliers de formation...Dans ses propos, Jean-Claude Dossa s’est dit honoré de retrouver son formateur et sa joie de témoigner de sa contribution à la mise en place de WANJOP en mai 2009 à Accra à la faveur d’une formation initiée par Inwent en faveur d’une quinzaine de journalistes ouest-africains. Il a aussi sollicité l’appui de Wolfram Zunzer pour faire de Wanjop-Bénin un véritable instrument de promotion de la paix au Bénin.

Pour sa part, le formateur Wolfram Zunzer s’est dit heureux de l’initiative et de ses actions en faveur de la paix au Bénin. Il a, à l’occasion, pris l’engagement de ne pas marchander son appui à la coordination nationale dirigée par Jean-Claude Dossa afin que la paix soit la chose la mieux partagée au Bénin.

Somme toute, ces échanges avec Wolfram Zunzer ont galvaniser les membres de Wanjop-Bénin qui se sont résolus à œuvrer davantage, conformément au vœu des formateurs Wolfram Zunzer et sabine Hammer en mai 2009 à Accra, pour contribuer plus efficacement à la consolidation de la paix au Bénin, pays de 8 millions d’habitants considéré comme l’un des plus démocratiques en Afrique.

Notons que depuis sa création en mai 2009, Wanjop œuvre au Bénin, Mali, Gambie, Sénégal, Togo, Ghana, Sierra-Léone, Nigeria, Guinée-Bissau…pour la paix.

mardi 21 septembre 2010

Message de WANJOP Afrique de l'Ouest à l'opccasion de la célébration de la Journée internationale de la paix 2010

Tuesday 21th September 2010


Message on International Day of Peace

The International Day of Peace, observed each year on September 21, is a global call for ceasefire and non-violence. This year, the theme is Youth for Peace and Development.

This year’s observance focuses on youth and development, thus challenging youth to also do their part towards the advancement of global peace. To this end, I also challenge media practitioners, especially young people in the media, to embrace the culture of peace. This International Day comes with a challenge for young people everywhere: to work hard to build peace.

I believe the media has the capacity to play a leading role in conceptualizing the ideology of world free of wars. There is no doubt that peace is the only way to economic, social and cultural progress and the development of human character.

Once more, I admonish all and sundry, particularly those in the media, to promote international peace and security, and to take effective collective measures for prevention and removal of threats to peace. May I use this unique day to encourage all journalists in the sub-region to build interest in “peace journalism” in which reporters draw on their insights of conflict assessment and resolution to try to better explain the interests of each side and the conflict dynamics.

Media being the watchdog of the society should be avowedly alive to the need of sensitizing the members of the society to the cherished human values of service and sacrifice for betterment of the society.

The efforts of organizations and individuals in encouraging deliberations on the role for values in bringing about peace and development in the world is worthy of appreciation.

We need you - those in the media - to play a part in helping to attain a continent free of conflict. On 21st September 2010, Peace Day, all Africans should unite for a day of non-violence, to show that peace is possible. In so doing, I challenge the African media to play a leading role.

Peace is a state of harmony, freedom from war or violence depicted by respect, justice, goodwill and friendship. Peace enables development, which is critical in providing opportunities for young people, particularly those in countries emerging from conflict.

I therefore urge all media practitioners and groups in West Africa and the world at large to use the Day of Peace to engage in activities that contribute to ceasefires, end conflict, bridge cultural divides and create tolerance.

The ability to make informed decisions strengthens societies and fosters economic growth, democratic structures and the positive outlook on the future. For this very reason, the United Nations Millennium Declaration stresses the need “to ensure the freedom of the media to perform their essential role and the right of the public to have access to information”.

One should not forget that journalism can play a role in escalating conflicts, which also demonstrates the potential for positive purposes. The media have the power to defuse tensions before they even reach a critical point and keep a critical eye on government, opposition and society. By supplying credible information and reaching a large audience, the media help in managing conflicts and promote democratic principles.

The International Day of Peace was established in 1981 by resolution 36/67 of the United Nations General Assembly to coincide with its opening session, which was held annually on the third Tuesday of September. The first Peace Day was observed in September 1982. In 2001, the General Assembly by unanimous vote adopted resolution 55/282, which established 21 September as an annual day of non-violence and cease-fire. The UN invites all nations and people to honour a cessation of hostilities during the Day, and to otherwise commemorate the Day through education and public awareness on issues related to peace.

WANJOP is therefore pleased to be associated with this day.

Finally, since it is generally accepted that there cannot be any sustainable development without peace, I therefore challenge you all to give peace a chance!


I wish you all a happy celebration.


Mr.Nfamara Jawneh


Regional President


West African Network of Journalists for Peacebuilding (WANJOP)

jeudi 16 septembre 2010

Sensibilisation des filles démunies au Droits humains: Wanjop et Ricierca E Cooperazione d'Italie font oeuvre utile

Le lundi 06 septembre 2010, le réseau des journalistes en Droits de l'homme, section du West african network of journalists for peacebuilding (Wanjop-Bénin)

lundi 13 septembre 2010

Education des filles démunies à leurs droits fondamentaux: Wanjop-Bénin et Ricierca E Cooperazione unis pour promouvoir les droits de l’homme au Bénin


Le lundi 06 septembre dernier, les locaux du Projet de protection et d’insertion sociale des filles « vinonmegon » situé à Cotonou, ont abrité une séance de sensibilisation organisé par le Réseau des journalistes béninois en Droits de l’homme (Wanjop-Bénin) en collaboration avec l’association italienne Ricierca E Cooperazione. Environ une centaine de filles « vinonmegon » ont participé à cette séance de formation en Droits de l’Homme.
Le Réseau des journalistes béninois en Droits de l’homme poursuit ses actions faveur de la promotion des droits de la personne humaine au sein de toutes les couches sociales du Bénin. Ainsi, en collaboration avec l’association Ricierca E Cooperazione, les professionnels des médias acquis à la cause des droits de la personne humaine ont décidé d’œuvrer à une meilleure connaissance des droits fondamentaux de l’homme au sein des filles « vinonmegon » prises en charge par l’association italienne Ricierca E Cooperazione depuis plusieurs années. Dans ses mots de bienvenue à l’occasion, le Représentant de la directrice du centre, Léopold Djogbédé a dit la joie de la direction de bénéficier de cette activité qui vise à outiller les pensionnaires du centre. C’est pourquoi, il a plaidé pour le renforcement du partenariat entre le projet financé par Ricierca E Cooperazione et le gouvernement italien en vue de faire de l’Etat de droits une réalité au Bénin. Pour sa part, le Point focal de la section béninoise de West African Network of journalists for Peacebuilding (Wanjop), Jean-Claude Dossa a remercié la direction du projet pour l’accueil réservé aux journalistes avant d’expliquer que pour Wanjop-Bénin, les filles « vinonmegon », anciennement employées domestiques dans les foyers du Bénin, ont aussi besoin de bien connaître leurs droits afin de les faire respecter. Jean-Claude Dossa a invité toutes les autres organisations, associations…à emboîter le pas à Ricierca E Cooperazione afin de faire bénéficier à leurs pensionnaires ces activités formatrices sur les Droits de l’Homme.

Dans sa communication portant sur les trente (30) droits contenus dans la Déclaration universelle des Droits de l’homme, le lauréat du prix international Rfi-Rsf-Oif 2008 sur les Droits de l’Homme intervenue après ma projection de films sur les droits humains, Virgil Houessou a fait observé que les droits de l’homme ne sont le privilège d’aucune couche de la société béninoise. « Tous les fils et filles du Bénin, quel que soit leur sexe, leur origine ethnique, leur couche sociale…ont les mêmes droits », dira t-il. Pour lui, cette séance doit permettre à ses bénéficiaires de contribuer à la promotion des Droits de l’homme dans leur entourage.

Dans leurs différentes interventions, quelques unes des filles « vinonmegon » se sont réjoui de l’initiative de Wanjop-Bénin d’autant plus que selon elles, « nous cette séance nous permet de mieux connaître nos droits ».

Notons que le réseau Wanjop (West african network of journalists for peacebuilding) est un réseau de journalistes engagés pour l’édification de la paix et la promotion des Droits de l’homme présent dans plusieurs pays ouest-africains dont la Sierra-Leone, le Ghana, la Gambie, le Sénégal, la Guinée Bissau, le Mali, le Togo, le Nigeria…

dimanche 29 août 2010

Compte rendu de la rencontre annuelle de Wanjop-Bénin du vendredi 27 Juillet 2010

Il s’est tenu le vendredi 27 août 2010 au siège d’Amnesty International Bénin la rencontre mensuelle du réseau Wanjop-Bénin pour le compte du mois d’août 2010.

Démarrée aux environs à 16 heures, cette séance a été consacrée à trois (03) points en l’occurrence :

-Le point des actions menées par la Coordination nationale depuis la dernière rencontre

- Les préparatifs de la visite de M. Kindaya Dumbuya, Coordonnateur de Wanjop Sierra Leone au Bénin

-L’organisation de la conférence publique de Wanjop-Bénin au siège du « Projet de protection et d’insertion sociale des filles Vinonmegons ».



Après les mots de bienvenue du Point Focal de Wanjop-Bénin, les participants se sont successivement prononcés sur les différents points à l’ordre du jour.

Se félicitant de l’engagement des membres de la Coordination nationale pour faire de Wanjop-Bénin un réseau actif, véritablement au service des Droits de l’Homme, Jean-Claude Dossa, Christophe Assogba, Virgil Houessou, Joël Tokponou, Ghislain Gbènankpon, Yves Gounou, Marc Gbaguidi…ont retenus de la cotisation par chaque membre de Wanjop-Bénin de la somme de 2000 francs Cfa pour un déjeuner en groupe avec le Coordonnateur de Wanjop Sierra Leone le mercredi midi à la Maison des médias Thomas Mégnassan.

Les cotisations ont déjà démarré et doivent être versées au Point Focal au plus tard le mardi à 18 heures.

Concernant les textes régissant WANJOP, le Point Focal a fait part de leur disponibilité en provenance d’Accra.

Il a été décidé alors de la mise sur pied d’un comité de réflexion et d’élaboration des textes de Wanjop-Bénin dont les travaux couvrent une période de deux (02) semaines.

Il est composé comme suit :

Coordonnateur du comité de rédaction : Jean-Claude Dossa

Membres : Virgil Houessou

Joël Tokponou

Yves Gounou

Ghislain Gbènankpon.



S’agissant de la conférence, les participants ont fait part de leur adhésion en réaffirmant leur attachement à l’autonomie de Wanjop-Bénin dans le concert des organisations de défense des Droits de l’Homme.

Ils se sont aussi étonnés de l’absence de certains membres de Wanjop-Bénin à cette séance malgré leur ferme engagement exprimé sur le forum de discussion d’y prendre part.

La séance a pris fin par une exhortation à continue les échanges sur le forum et à la contribution des uns et des autres à l’animation du blog du réseau : beninwanjop.blogspot.com.



Fait à Cotonou, le samedi 28 août 2010

jeudi 26 août 2010

Me Paul Kato Atita, avocat à la cour: « On rentre dans une prison du Bénin pratiquement pour y demeurer toute sa vie ou pour y mourir »

L’Evénement Précis: Maître Paul Kato Atita, vous êtes avocat à la cour et vous êtes en contact permanent des réalités dans nos prisons. Les prisons au Bénin sont bondées et les détenus neurent sans être jugés Quelles peuvent être les causes de cette situation?

Maître Paul Kato Atita: Le code de procédure pénale du Bénin est un code qui date de 1967. Dans ce code vous avez des dispositions qui aujourd'hui ne sont plus adaptées ; ou même si elles le sont leur application pose d'énormes problèmes. Quand on est un avocat qui s'intéresse aux matières pénales, on sent tous les jours la nécessité de modifier ce code de procédure pénale ou de faire clarifier des points qui s'y trouvent. Un exemple très banal, mais fondamental dans ce code, c'est la détention préventive. La question de la détention préventive est devenue préoccupante. Moi je m'étonne que les gouvernements successifs même depuis la révolution jusqu'à aujourd'hui ne s'intéressent pas à comment régler ce problème de détention préventive et les prisons sont surpeuplées, sur tout l'ensemble du territoire. Une prison qui est construite pour 200 personnes, en contient jusqu'à 500 ou même 600 prisonniers ; les conditions de vie sont manifestement intenables et on ne fait rien pour améliorer la législation en matière de détention préventive. Aujourd'hui, lorsque quelqu'un rentre dans une prison du Bénin, il ne peut pas dire à quand il va sortir. Même son avocat ne peut dire à quand il va s'en sortir. On rentre dans une prison du Bénin pratiquement pour y demeurer toute sa vie ou peut être pour y mourir. La notion de détention provisoire que nous utilisons n'est plus adaptée, elle devient une détention à vie dans nos prisons ; il faut réglementer cela. Il faut faire en sorte que le juge d'instruction qui reçoit quelqu'un dans son cabinet qui le place sous mandat de dépôt, que ce juge puisse savoir qu'il n'a plus la liberté de décider seul comme il veut, quand il veut de comment sortir l'intéressé. Il faut faire en sorte que le juge sache que son pouvoir à lui-même est limité dans le temps. Aujourd'hui, lorsque quelqu'un est placé sous mandat de dépôt et vous formulez une demande de mise en liberté provisoire, vous en formulez tous les jours et c'est des rejets tous les jours. Pendant ce temps, notre code dit que la détention est l'exception et la liberté la règle. Mais dans l'application, ce n'est plus la liberté qui est la règle mais la détention. Vous verrez des gens qui font 10 à 15 ans de détention préventive, vont au jugement et au finish, on dit qu'ils sont acquittés. Mais ils auront déjà passé des dizaines d’années en détention ; qui va alors réparer ces préjudices ? Notre code n'en dit rien. Il faut nécessairement faire limiter la détention préventive dans le temps et surtout la manœuvre du juge d'instruction dans ce domaine. Il faut placer le juge d'instruction sous un contrôle rigoureux en matière de détention préventive. IL faut faire en sorte qu'il n'y ait plus de prorogation à l'infinie. Notre code dit que chaque 3 mois ou 6 mois il faut proroger, et les juges prorogent à l'infinie. Un exemple, lorsque le juge d'instruction sait qu'il peut proroger le mandat à l'infinie, comment voulez vous qu'il travaille ? Cela le conduit même à la paresse parce qu'il n'est pas sous pression, sous contrôle de la loi ; il peut laisser un dossier en suspens pendant 3, 4 à 5 ans parce q'il sait qu'il à la possibilité de proroger jusqu'à l'infinie et c'est quand il veut qu'il travaille là dessus. La conséquence, est que les gens s'entassent dans nos prisons, les cabinets d'instruction sont remplis. Donc le problème fondamental dans notre code, c'est la détention préventive et il faut le régler au plus vite. La deuxième chose non moins importante, c'est qu'il faut que le pouvoir lui-même arrête le pouvoir. Dans le code, il y a une situation un peu anormale toujours par rapport à la détention préventive. Si le procureur n'est pas d'avis pour la liberté provisoire, il fait appel, il fait cassation et pendant ce temps, l'intéressé est toujours détenu. Un exemple, dans les procès politico judiciaire au pénal, vous prenez un homme politique qui est peut être mal vu par un pouvoir en place et qui a le malheur de se retrouver dans une procédure pénale, on le garde en prison. Le procureur de la République qui est un homme aux ordres du gouvernement conformément à notre loi, le juge le met en liberté ; il suffit que le gouvernement dise au procureur je suis contre, le procureur va faire appel et le monsieur ne sortira pas. Là, ce n'est plus la volonté du procureur qui transparaît, il peut bien savoir en tant que Magistrat que le monsieur à droit de sortir, mais puisse que la loi dit que quand il reçoit l'ordre, il doit l'exécuter, il est obligé de l'exécuter. Ainsi indirectement, quand nous parlons de séparation du pouvoir, s'en est plus une ; la séparation est contournée et affaiblie par la possibilité que la loi et le code de procédure pénale donne lui-même au gouvernement, au pouvoir exécutif de s'ingérer dans la procédure pénale indirectement par le procureur de la république ou le Procureur général. Ce n'est pas toutes les fois que le Procureur de la République fait appel contre une décision qu'il le fait de lui-même, ce n'est pas toutes les fois qu'il le fait parce qu'il a conscience qu'il faut le faire ; il le fait surtout et souvent, parce que le chef le lui a demandé. Et la loi dit qu'il ne doit pas désobéir à son chef qui se trouve être, le ministre de la justice, le président de la république ou le gouvernement.

C'est heureux aujourd'hui qu’un projet de loi portant code de procédure pénale est sur la table des députés à l'Assemblée Nationale pour étude. Quelles sont les modifications que vous auriez souhaité qu'on y apporte ?

Tout ce que je vais souhaiter c'est qu'au moment où ces textes seront en discussion, que les députés travaillent avec précaution, qu'ils prennent en compte les observations des praticiens, des gens qui vivent le problème. Je disais tout à l'heure que le procureur sous ordre du pouvoir en place fait appel ; mieux, c'est lui qui doit encore apprêter le dossier pour l'envoyer devant la chambre d'accusation qui va juger. Toujours est-il que s'il est sous pression, il se donnera le temps qu'il veut pour transmettre ; ce qu'on peut transmettre en 24 ou 48 heures, il peut le faire au bout de 6 mois, pendant ce temps, l'intéressé est toujours en détention. Quand la chambre d'accusation libère le détenu, le même procureur a le droit s'il est toujours sous pression de faire une cassation et dans ce cas le détenu est toujours gardé dans les liens de la justice. En clair, c'est des textes qu'il faut revoir, et limiter leur portée, car ils nuisent véritablement aux personnes en détention. Le code de procédure pénale doit être étudié avec minutie. Les interférences entre le code de procédure pénale, les autres institutions, les autres pouvoirs, il faudrait les analyser sur tous les plans. Je fréquente beaucoup de prisons au Bénin, je parcours pratiquement toutes les prisons du Bénin ; les détenus, m'écrivent et me relatent les conditions dans lesquelles ils sont appréhendés depuis 5, 8, 10 ans et de comment leur dossier évolue. Quand je lis, je suis révolté. Certains parmi eux meurent en prison sans être jugés. Je me souvient du cas d'un certain Gandji Alphonse à qui j'ai rendu visite à la prison civile de Porto-Novo. Il m'a dit que cela fait 7 ans qu'on m’a mis en prison pour un crime que je n'ai pas commis ; et depuis lors, la mort est sur le point d'avoir raison de moi, je ne sais quand je vais quitter la prison et innocent je vais y mourir. Effectivement, un ou deux mois après, il est mort en prison. Il faut donc revoir le code de procédure pénale et le rendre plus humain et plus efficace. Il faut véritablement que la détention soit l'exception sinon ce n'est pas humain. Mieux, Alphonse Gandji n'est pas seul, ils sont deux cousins, le second du nom de Djossou Enangnon est toujours à la prison civile de Porto-Novo, il n'est toujours pas jugé et lui aussi est malade, croulant. Voilà des gens par exemple qui sont soupçonnés d'avoir assassiné, mais qui n'ont jamais reconnus les faits qui leurs sont reprochés. Le cousin de Gandji est actuellement entrain de boucler 8 ans en prison sans être jugé. Quand vous êtes en face des cas de ce genre Dieu seul sait qu'il en a beaucoup d'autres. Alphonse Gandji est rentré en prison le 29 mars 2001, il est mort le 28 septembre 2007 à 6heures 30 minutes sans jamais être jugé. A qui on va jeter le tort, qui va endosser cette responsabilité ? (Violation de droit humain). Il y a une autre faiblesse toujours en matière pénale. Il s'agit du manque d'assistance, il faut que la loi sur l'assistance judiciaire soit mis en application; il y a une ordonnance dans le pays. Il faut que l'Etat permette à ceux qui n'ont pas les moyens de se défendre d'être défendus. Le juge qui met en prison ne le fait toujours pas parce qu'il est convaincu de la culpabilité. Il le fait parce qu'il veut qu'il soit toujours là pour mener des enquêtes.

Et en ce qui concerne le projet de loi portant code pénal également en étude?

Le code pénal pose moins de problèmes parce qu'il s'agit de sanctionner des faits que la société considère comme contraire à l'ordre social. Avec cette possibilité qui est donnée aux juges d'apprécier le quantum des peines. Les quelques problèmes à revoir à ce niveau, c'est peut être revoir la classification de certaines infractions qui sont d'office classées dans la catégorie des crimes mais qui aujourd'hui sont des infractions courantes qu'il faut correctionnaliser, les ramener dans la catégorie des délits pour permettre aux tribunaux ordinaires de les régler rapidement. Certaines autres infractions qui sont dans la catégorie correctionnelle, faire en sorte que le parquet puisse les envoyer sans difficultés en flagrant délit pour que cela soit réglé assez facilement ; revoir la question des contraventions. L'autre chose qu'il faudrait revoir au niveau du code pénal, c'est faire en sorte que les juges soient déchargés. Revoir la qualification de certaines infractions, revoir la compétence juridictionnelle pour permettre aux juges d'être déchargés. Pour former un juge, il faut du temps : faire six ans au cours primaire, avoir le CEP, aller au collège, avoir le BEPC après quatre ans et trois ans après avant d'avoir le BAC. Aller ensuite à l'université et faire 4 ans pour avoir une maîtrise et deux ans en plus avant d'avoir le diplôme de magistrat et par la suite suivre une formation pratique. Vous voyez la durée et ce que l'Etat investit ; un magistrat est un haut cadre. On ne peut pas investir pour former un cadre de ce niveau et le faire asseoir dans un tribunal pour qu'il s'occupe à chaque fois des histoires de vol de poulets, vol de moutons, des abus de confiance sur 10 milles, 20 milles ; même si c'est 50 milles aujourd'hui au 21ème siècle ce n'est pas bon. Il faut nécessairement déclasser certains crime pour pouvoir libérer les juges afin qu'ils puissent s'occuper des affaires véritables, des affaires pour lesquelles la nation à vraiment besoin de leurs compétences ; des détournements de deniers publics, les malversations dans l'administration publique et dans les sociétés d'Etat, les affaires criminelles dignes de ce nom. Parce que les infractions du genre vol de canards, de poulets ou moutons, prennent tout le temps dans nos tribunaux. Elles débordent les rôles en matière pénale. Il faut trouver une formule pour leur règlement. S'il faut aller chercher des officiers de police judiciaire conscients, qui peuvent faire preuve d'honnêteté et de probité, qui dans le règlement au niveau des unités de gendarmerie ou de la police doivent soit sous forme de contravention, d'amende, régler ces genres d'affaires. C'est des dossiers à y bien réfléchir qu'on aurait pu trancher par un flagrant délit ou une citation directe.

mercredi 25 août 2010

Vie carcérale au Bénin: 300 prisonniers oubliés à Missérété

Depuis trois mois, environ trois cents prisonniers transférés à la prison civile de Missérété sont abandonnés à leur sort par la justice. Transférés il y a six mois de la prison civile de Porto-Novo déjà pleine à craquer, ils ont été envoyés à Missérété qui est pourtant réputé accueillir les condamnés. Au contraire, les transférés sont encore en instruction et devraient donc être régulièrement écoutés par les juges. Mais depuis six mois qu’ils ont été envoyés à Missérété, la grande majorité des 300 prisonniers ne passent plus à l’instruction au Parquet. Lorsque des ordres d’extraction autorisant le régisseur à les envoyer au Parquet arrivent à la prison civile de Porto-Novo, ils devraient être envoyés à Missérété pour que les inculpés puissent être écoutés par les juges afin que leurs dossiers évoluent. Mais non. Soit les ordres d’extraction n’arrivent jamais à Missérété, soit lorsqu’ils y atterrissent le régisseur se trouve incapable d’y donner suite. Raison invoquée aux prisonniers, il n’y aurait pas assez de carburant dans les véhicules de la prison. Résultat, depuis quelques mois, les trois cents inculpés ne sont pas entendus par les juges alors que les ordres d’extraction arrivent régulièrement à la prison civile de Porto-Novo. Le désarroi des prisonniers est doublé d’un sentiment de grave injustice d’autant que leurs camarades de Porto-Novo ne connaissent pas le même sort. Parmi les inculpés de Missérété, il y en a qui n’ont pas rencontré de juge depuis neuf mois. Du fait des affectations, les dossiers du deuxième cabinet du Tribunal de Porto-Novo sont à l’abandon, et avec eux, des pères et des mères de familles oubliés, alors que nul ne sait s’ils sont coupables ou non. En plus, la prison de haute sécurité de Missérété qui les accueille, leur mène la vie dure et limite les temps de visite selon le bon vouloir des geôliers.


vendredi 20 août 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE

Dans ses parutions du mercredi 18 août 2010 et suivantes, le quotidien « l’Evénement Précis » a publié les propos de l'ancien ministre de l'économie et des finances Soulé Mana Lawani sur la gestion du dossier relatif au scandale Cen-Sad qui a conduit à son limogeage du gouvernement ainsi qu'à la suspension puis à la réhabilitation de son collègue de la construction, François Noudégbèssi. Ces propos de l’ancien ministre des finances, désigné comme le principal auteur des détournements de fonds enregistrés lors de la construction des infrastuctures d'accueil du sommet Cen-Sad, pointe du doigt la responsabilité du Président de la République ainsi que celle de plusieurs autres personnalités.

Ces propos, intervenus lors que quarante huit (48) députés ont enclenché une procédure de mise en accusation du Chef de l’Etat devant la Haute cour de justice a conduit à des attaques et menaces à l'endroit du personnel et surtout du directeur de publication du quotidien "L'Evénement Précis".


Face à cette situation attentatoire à la liberté d'expression, le Réseau des Journalistes en Droits de l’Homme du Bénin (WANJOP-BENIN) exprime son indignation et sa vive préoccupation.
Il appelle de ce fait les uns et les autres à faire preuve de responsabilité en vue de préserver l’image de marque du Bénin sur la scène internationale.
De même, WANJOP-BENIN invite le gouvernement et la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à prendre toutes les dispositions utiles afin de garantir la sécurité des journalistes de cet organe de presse privé.





                          Pour la Coordination Nationale,



                                  Le Point Focal Bénin


                                    Jean-Claude DOSSA






jeudi 19 août 2010

Abolition de la peine de mort au Bénin: Une coalition nationale mise sur pied

A l’initiative du Secrétariat d’Amnesty International Bénin, il s’est tenu 27 juillet 2010 au siège de cette institution de défense des droits de l’homme, une séance de travail qui a réuni les représentants des Organisations Non Gouvernementales (ONG) telles que Droits de l’Homme, Paix et Développement (DHPD), Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture (ACAT Bénin), Réseau Ouest-Africain pour l’édification de la Paix (WANEP), Réseau Inter Africain des Habitants (RIAH Bénin), West african network of journalists for peacebuilding (Wanjop-Bénin) et du Conseil National des Rois du Bénin. Une rencontre qui a mis en place une coalition contre l’abolition de la peine de mort au Bénin.

L’objectif de cette Séance est de créer au Bénin la Coalition contre la peine de mort. En effet, le Bénin est reconnu comme abolitionniste en pratique de la peine capitale. La dernière exécution remonte à 1987. Mais la peine de mort reste encore dans l’arsenal juridique du pays.

C’est donc pour amener l’Etat béninois à enlever de son système juridique la sentence de la peine de mort que ces organisations de défense des droits de la personne humaine ont mis sur pied une coalition contre cette odieuse sentence. Et pour mieux faire comprendre aux participants l’obligation pour les Etats d’abolir cette sentence, un exposé a été fait par la Directrice d’Amnesty International Bénin sur les dix raisons qu’avance Amnesty International pour défendre le doit à la vie. Ces dix raisons qui prennent appui sur le pacte international relatif aux droits civils et politiques sont entre autres « La peine de mort viole le droit à la vie », « La peine de mort est une sanction cruelle et inhumaine », « La peine de mort n’a aucun effet dissuasif », « La peine de mort est un meurtre avec préméditation qui avilit l'État et rend la société plus violente », « La peine de mort est discriminatoire dans son application », « La peine de mort nie la capacité de tout homme à s’amender et à devenir meilleur », « La peine de mort ne ramène ni la stabilité sociale ni la paix intérieure des victimes », « La peine de mort nie la faillibilité des institutions humaines », « La peine de mort est une punition collective » et « La peine de mort va contre les valeurs religieuses ou humanistes communes à l’ensemble de l’humanité »

Au cours de la rencontre, l’occasion a été donnée aux participants de savoir, à travers un autre exposé, le niveau actuel du débat contradictoire qu’animent et partisans de la peine de mort et abolitionnistes. Si les premiers partent du principe que la peine de mort est une peine et qu’une peine est faite pour être peinée et que c’est ce qui fait son intérêt, les seconds quant à eux, partent du principe que la peine de mort constitue l’ultime violation de l’être humain et du droit à la vie. Selon les statistiques récentes établies quatre vingt dix-huit (98) pays dans le monde l’ont abolie en toutes circonstances dans leur système législatif et juridique. Le Bénin ayant adopté la Déclaration Universelle des droits de l’homme et signé le pacte relatif aux droits civils et politiques doit de droit abolir la peine de mort.

En créant cette Coalition, les différentes organisations entendent conduire le Bénin à s’inscrire au rang des pays abolitionnistes. Conscients du fait que la marche vers l’abolition de la peine de mort n’est pas une sinécure, les membres de la Coalition ont élaboré leur feuille de route en adoptant un plan stratégique. Des actions de lobbying, de plaidoyer et des campagnes d’informations et de sensibilisation sont prévues en direction des acteurs politiques et autres décideurs afin que le Bénin ratifie le deuxième protocole se rapportant au pacte relatif aux droits civils et politiques pour l’abolition de la peine de mort.

dimanche 15 août 2010

Médias : « choquant de voir des journalistes derrière les barreaux », selon Abdou Diouf


Le secrétaire général de l‘Organisation internationale de la francophonie (OIF), Abdou Diouf, a exprimé son indignation face à la persistance des autorités étatiques dans l’espace francophone à envoyer des journalistes en prison en plein 21ème siècle et au mépris des principes de liberté de la presse.
« Il y a des défis persistants. Je ne peux pas comprendre qu’il y ait en 2010 des délits de presse encore pénalisés », a affirmé M. Diouf dont les propos sont rapportés par l’agence de presse sénégalaise (APS, officielle).
Le patron de l’OIF, par ailleurs ancien président du Sénégal, s’exprimait à Dakar où se tient une réunion de parlementaires francophones.
« C’est toujours très choquant de voir des journalistes derrière les barreaux ou tués. Nous avons un combat à mener… », a encore affirmé Abdou Diouf demandant aux Etats qui ne l’ont pas fait de suivre ceux qui ont opté pour la dépénalisation des délits de presse.
En même temps le secrétaire général de l’OIF a lancé un appel aux journalistes pour plus de responsabilité dans l’exercice de leur métier.
« Il faut que le journaliste soit responsable, ait une éthique et une déontologie,. Liberté oui, mais une liberté qui s’accompagne de responsabilité ».
Un grand débat oppose défenseurs de la liberté de la presse et les Etats ou d'autres acteurs sur la dépénalisation des délits de presse en Afrique de l'Ouest.
Début juin 2010, la junte militaire actuellement au pouvoir au Niger a décidé de suivre les quelques rares pays d’Afrique de l’ouest francophone où les délits de presse ne sont plus passibles de peine de prison.






mercredi 11 août 2010

Appui à la reforme de la justice au Bénin: Le bâtiment flambant neuf de la Cour d'Appel de Cotonou inauguré

Depuis le mardi 10 août 2010, le nouveau bâtiment de la Cour d’appel de Cotonou est mis en service. Parrainée par le Chef de l’Etat, Docteur Boni Yayi, la cérémonie d’inauguration a réuni tous les acteurs de la justice béninoise avec une délégation de l’Union européenne, principal partenaire dans la mise en œuvre de cette réforme judiciaire. Selon la présentation faite par le maître d’ouvrage délégué, Agetur, ce nouveau bâtiment inauguré est un étage à deux niveaux. Au rez-de-chaussée, 4 salles d’audience dont deux grandes de 250 m² chacune et deux petites d’environ 100m². C’est au rez-de-chaussée que se trouve également la salle des archives de la Cour. Au premier étage, on y trouve le bureau du Président de la Cour d’Appel et les bureaux des différents substituts du Procureur. Au troisième étage, l’on identifie la bibliothèque de la Cour d’Appel et 11 bureaux réservés aux Conseillers de la Cour. Selon les affirmations du Directeur général de l’Agetur, « Princesse d’or » est l’entreprise ayant réalisé les travaux de ce bâtiment qui ont duré environ 20 mois. Le représentant du Chef de la délégation de l’Union européenne a quant à lui précisé dans son allocution que l’appui de son Institution vise la promotion d’une justice de qualité, crédible et accessible aux justiciables. Selon ses propos, le montant global investi par l’Union européenne dans la réalisation de ce bâtiment s’élève à plus de 900.000.000Fcfa, financé dans le cadre du 9ème fond européen pour le développement (9ème Fed). Il a rappelé également que le bâtiment est d’une superficie totale de 2800m² environ et constitue le siège de la Cour d’Appel de Cotonou, le Parquet et le Greffe. Le ministre de la justice, Grégoire Akofodji dans son discours d’inauguration a dit toute la gratitude du gouvernement aux partenaires techniques et financiers européens qui ont fortement appuyé la réalisation de cet ouvrage flambant neuf. Grégoire Akofodji a également rappelé les domaines de compétence de cette Cour d’appel de Cotonou qui certainement permettra selon lui d’amoindrir les conditions de travail des travailleurs et rendra efficace les travaux pour le bonheur des justiciables. Selon les explications du ministre de la justice, désormais, toutes les décisions frappées d’appel relevant des départements de l’Atlantique-Littoral et de l’Ouémé-Plateau seront portées devant cette Cour d’appel définitivement rendue opérationnelle depuis hier.



Appui à la reforme de la justice au Bénin: Le bâtiment flambant neuf de la Cour d'Appel de Cotonou inauguré

Depuis le mardi 10 août 2010, le nouveau bâtiment de la Cour d’appel de Cotonou est mis en service. Parrainée par le Chef de l’Etat, Docteur Boni Yayi, la cérémonie d’inauguration a réuni tous les acteurs de la justice béninoise avec une délégation de l’Union européenne, principal partenaire dans la mise en œuvre de cette réforme judiciaire. Selon la présentation faite par le maître d’ouvrage délégué, Agetur, ce nouveau bâtiment inauguré est un étage à deux niveaux. Au rez-de-chaussée, 4 salles d’audience dont deux grandes de 250 m² chacune et deux petites d’environ 100m². C’est au rez-de-chaussée que se trouve également la salle des archives de la Cour. Au premier étage, on y trouve le bureau du Président de la Cour d’Appel et les bureaux des différents substituts du Procureur. Au troisième étage, l’on identifie la bibliothèque de la Cour d’Appel et 11 bureaux réservés aux Conseillers de la Cour. Selon les affirmations du Directeur général de l’Agetur, « Princesse d’or » est l’entreprise ayant réalisé les travaux de ce bâtiment qui ont duré environ 20 mois. Le représentant du Chef de la délégation de l’Union européenne a quant à lui précisé dans son allocution que l’appui de son Institution vise la promotion d’une justice de qualité, crédible et accessible aux justiciables. Selon ses propos, le montant global investi par l’Union européenne dans la réalisation de ce bâtiment s’élève à plus de 900.000.000Fcfa, financé dans le cadre du 9ème fond européen pour le développement (9ème Fed). Il a rappelé également que le bâtiment est d’une superficie totale de 2800m² environ et constitue le siège de la Cour d’Appel de Cotonou, le Parquet et le Greffe. Le ministre de la justice, Grégoire Akofodji dans son discours d’inauguration a dit toute la gratitude du gouvernement aux partenaires techniques et financiers européens qui ont fortement appuyé la réalisation de cet ouvrage flambant neuf. Grégoire Akofodji a également rappelé les domaines de compétence de cette Cour d’appel de Cotonou qui certainement permettra selon lui d’amoindrir les conditions de travail des travailleurs et rendra efficace les travaux pour le bonheur des justiciables. Selon les explications du ministre de la justice, désormais, toutes les décisions frappées d’appel relevant des départements de l’Atlantique-Littoral et de l’Ouémé-Plateau seront portées devant cette Cour d’appel définitivement rendue opérationnelle depuis hier.

Lire Le discours du Représentant du Chef de la Délégation de l'Union Européenne au Bénin prononcé par M. Jean Pierre GEERAERT pour le compte de SEM Mme Françoise COLLET,


- Son excellence, Docteur Boni Yayi, Président de la République du Bénin, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement


- Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, de la Législation et des Droits de l'Homme,


- Madame l'Inspecteur Général des Services Judiciaires,


- Mesdames et Messieurs les Directeurs techniques du Ministère de la Justice,


- Monsieur le Préfet des départements de l'Atlantique et du Littoral ou son représentant,


- Monsieur le Maire de Cotonou ou son représentant,


- Messieurs le Président et Procureur-Général près la Cour d'Appel de Cotonou,


- Messieurs le Président et Procureur près du Tribunal de Première Instance de Cotonou,


- Mesdames et Messieurs les professionnels de la justice,


- Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales,


- Monsieur le Directeur Général de l'AGETUR,


- Honorables invités.


Mesdames et Messieurs,


C’est pour moi, un réel plaisir de prendre la parole ce jour au nom de Madame Françoise COLLET, Chef de Délégation de l'Union européenne près du Bénin, à l’occasion de la cérémonie d'inauguration de la Cour d’appel de Cotonou. Cet immeuble a été construit et équipé dans le cadre du projet d’appui au Programme Intégré de Renforcement des Systèmes Juridiques et Judiciaires (PIRSJJ).

Ce projet en cours de finalisation, est financé par le 9ème Fonds Européen de Développement pour un montant global d'environ 8 milliards de Francs CFA. Il entre dans le cadre de la promotion d’une « justice de qualité, efficace, crédible et accessible au justiciable » et se veut :


- Rapprocher la justice des populations;


- Renforcer la sécurité juridique et judiciaire;


- Rationnaliser et moderniser les méthodes de travail dans le secteur.


Des actions ont ainsi été menées dans deux domaines:


- d’une part, des travaux de réhabilitation, de modernisation et d’équipement de huit tribunaux de 1ère instance : Porto Novo, Abomey, Parakou, Ouidah, Lokossa, Kandi, Natitingou et Cotonou, et la construction et l’équipement des nouvelles Cours d’Appel de Parakou et de Cotonou.


- d’autre part, l’appui à la mise en place d’une organisation rationnelle et efficace des activités des juridictions. Ainsi, tous les tribunaux de première instance du Bénin bénéficient actuellement de services informatisés qui permettent le traitement plus efficace et plus rapide des affaires. Entre outre, dans le cadre du projet, des applications dites « métiers » ont été conçues pour permettre d’assurer un traitement informatique des contentieux en matière pénale et civile.


Mesdames et Messieurs,


Avec cette inauguration, Cotonou se voit doté d’une nouvelle Cour d'Appel qui vient compléter le Palais de Justice rénové et entièrement dédié aux activités du Tribunal de Première Instance. Et dans peu de temps, un Centre de Documentation Juridique s’y ajoutera sur financement en cours du "Millenium Challenge Account" à travers le Programme d'Appui à la Justice avec lequel nous collaborons de façon étroite et efficace.

Le bâtiment de la nouvelle Cour d’Appel de Cotonou, dont la première pierre a été posée en décembre 2008, compte une superficie d’environ 2.800 m² et abrite quatre salles d'audience sonorisées, le siège de la Cour d’appel, le Parquet et le Greffe.

Cette nouvelle construction offre au personnel de la Cour d’Appel un cadre de travail spacieux et aéré, avec des locaux pour les archives, une bibliothèque ainsi que de nombreux bureaux équipés et adaptés aux tâches de chacun.


Cependant, l'Union européenne est consciente que la création d'un cadre de travail adapté n'est qu'une solution partielle aux nombreux problèmes auxquels le secteur de la justice fait face aujourd'hui.

La modernisation des juridictions doit également passer par une rationalisation des méthodes de travail du personnel concerné. Ceci nécessite aussi un transfert de savoir – faire et de compétences au personnel des greffes et parquets, des équipements performants et l’informatisation des chaînes pénales et civiles. Ces différents pôles sont donc couverts par les projets en cours et futurs sous financement européen.


La modernisation des juridictions requiert avant tout une volonté ferme de changement et une rigueur dans le travail au quotidien afin de donner à tous les citoyens du Bénin un service de qualité, efficace, crédible et accessible. Quelles que soient les améliorations apportées, elles ne seront utiles que si les bénéficiaires s'approprient des dynamiques enclenchées et les rendent par là même pérennes.


Mesdames et Messieurs,


Ce projet, le PIRSJJ, a constitué une première étape de l'appui apporté par l'Union européenne à la réforme de la Justice au Bénin. Dans le Programme Indicatif National du 10e Fonds européen de Développement, un montant de plus de 16 milliards de Francs CFA est prévu pour le secteur de la Justice. Dans ce cadre, un « Projet d’appui à la réforme de la Justice », le PARJ, est actuellement en cours de démarrage. Ce projet vise à appuyer le Ministère dans ses efforts de modernisation et de rationalisation des méthodes de travail, aussi bien au niveau de son administration centrale qu'au niveau de ses juridictions. Le projet contribuera également à mettre à jour la stratégie de réforme des systèmes juridique et judiciaire et à renforcer les capacités administratives et institutionnelles afin de construire le cadre propice à un appui budgétaire sectoriel.

Mesdames, Messieurs,


Je ne saurai terminer sans remercier tous les partenaires publics et privés impliqués dans la réussite de la construction et de l’équipement de cette Cour d’Appel.


Ces remerciements sont plus particulièrement adressés aux cadres du Ministère en charge de la Justice, aux magistrats et fonctionnaires de la Cour d’Appel de Cotonou, aux équipes de l'AGETUR et de l'assistance technique, ainsi qu’aux entreprises qui ont travaillé en étroite collaboration pour aboutir à cette nouvelle Cour d’Appel.


Je vous remercie de votre attention.








mardi 10 août 2010

Cameroun : le journaliste opposant Pius Njawé inhumé dans son village

Le journaliste opposant camerounais Pius Njawé, a été inhumé samedi 7 août 2010 dans son village natal de Babouantou dans l’ouest du pays. Sa mort dans un accident de voiture aux Etats-Unis, le 12 juillet dernier, avait suscité l'émoi dans le pays et à l'étranger. Fondateur du journal Le Messager en 1979, Pius Njawé avait été souvent très critique envers le pouvoir. Il avait même fait plusieurs séjours en prison. Samedi, à ses obsèques, le président Paul Biya avait envoyé un message de condoléances, mais la cérémonie s'est terminée de façon un peu brutale.

La cérémonie des funérailles allait son cours presque normalement. Il y avait déjà eu plusieurs témoignages dont celui d’un député de l’opposition qui n’est pas allé par quatre chemins pour asséner une lourde accusation contre le pouvoir de Yaoundé, responsable selon lui de la mort de Pius Njawé. Des officiels du gouvernement parmi lesquels des ministres masquaient à peine leur gêne face à la tournure politique inattendue des évènements.

Le message de condoléances du chef de l’Etat censé clôturer les éloges funèbres sera néanmoins lu à l’assistance. Puis soudain crime de lèse-majesté ou simple erreur du protocole, Célestin Bonga l’un des intellectuels les plus amers contre le régime Biya et compagnon de lutte depuis toujours de Pius Njawé se saisit du micro pour son hommage.

Le gouverneur de la région de l'Ouest Ivaha Diboua bondit aussitôt de son siège et arrache le micro à Célestin Monga qui n’aura pas le temps de dire un mot. L’incident est inévitable : protestations, échanges de propos virulents, dénonciation de la censure…

C’est ainsi dans un cafouillage total que la famille abandonnée à elle-même va extraire la dépouille mortuaire de cette foule pour procéder à l’inhumation. Pius Njawe quitte finalement la scène comme il a vécu, impertinent jusqu’à la tombe.

Gambie : deux journalistes convoqués devant la justice

Deux journalistes gambiens ont été convoqués lundi 9 août 2010 devant la justice pour s’expliquer sur un article publié dans The Point apprend-on sur Freedom Newspaper. Cet article concernait l’ex-chef de la police nationale Ensa Badjie, jugé pour une implication présumée dans un trafic de drogue, et affirmait que celui-ci avait été torturé durant sa détention. Amnesty International avait indiqué dans un rapport publié cette année que la mainmise du gouvernement sur la liberté de la presse avait poussé 29 journalistes à quitter le pays depuis 1994.

Journée internationale des populations autochtones du monde 2010: l'UE plaide pour des réflexions sur les droits des autochtones

En cette journée internationale des populations autochtones du monde, je tiens, au nom de l'Union européenne, à adresser un message de soutien aux populations autochtones du monde entier.

Nous rendons hommage aujourd'hui, à l'occasion de la journée célébrant les populations autochtones, à l'immense apport que représentent leurs traditions et leurs connaissances pour le patrimoine culturel de l'humanité et pour le développement durable de notre planète.

Nous sommes à mi-chemin de la Deuxième Décennie internationale des populations autochtones (2005- 2015). Le moment est donc venu de réfléchir à ce qui a été fait, et à tout ce qui reste à faire, pour protéger leurs droits, tels qu'ils sont énoncés dans la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, et leur garantir l'égalité de traitement.

Au nombre des réalisations, il faut surtout souligner l'adoption, en 2007, de la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, que l'Union européenne a appuyée. Sans l'action de sensibilisation inlassablement menée par les représentants des populations autochtones, cette déclaration, qui a fait progresser les droits et assuré le développement incessant des populations autochtones du monde entier, n'aurait jamais vu le jour. Son message est simple, mais fort: l'égalité pour tous.

Les principes sont par conséquent justes; il reste à les mettre en pratique. Malheureusement, partout dans le monde, les populations autochtones continuent de subir des discriminations et des inégalités de traitement.

La journée internationale qui leur est consacrée est l'occasion pour l'Union européenne de réaffirmer son attachement à la promotion et à la protection des droits des peuples autochtones, tels qu'ils sont énoncés dans la déclaration des Nations unies en la matière. Au nom de l'Union européenne, je m'engage à tout mettre en œuvre pour que cessent les discriminations et les inégalités de traitement, et pas uniquement en principe, mais surtout - et c'est ce qui compte- en pratique.

WANJOP-BENIN proteste contre l'interruption des émissions de RFI au Bénin

Cel : +229 97 00 49 37, +229 95 193 260, +229 93 018 544,
E-Mail: beninwanjop@yahoo.fr

Siège: Maison de l'Entreprise, dans la rue avant le Complexe Houphouet-Boigny en venant de Zogbo, derrière le stade de l'Amitié de Cotonou


COMMUNIQUE


Les émissions de la Radio France Internationale (RFI) au Bénin ont fait l’objet d’interruption dans la journée du dimanche 02 et du lundi 03 août 2010 de la part du gouvernement sans aucune raison valable.


De son côté, la correspondante de cette même station au Bénin, Mme Raïssa GBÉDJI a subi une audition, deux (02) heures durant, de la part du président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac) le dimanche 1er août 2010.

Ainsi, faisant le constat:


-d’une part, de la violation flagrante par le gouvernement du droit constitutionnellement garanti de la libre expression au Bénin et de sa volonté affichée de baillônner la presse nationale et internationale comme le témoignent les menaces proférées à l’encontre des médias par le compte rendu du Conseil des ministres du mardi 03 Août 2010.

- Et d’autre part, de la complicité passive de l’instance de régulation des médias au Bénin, la HAAC qui, se défendant d’être à l’origine de la brouile de la fréquence de RFI, n’a pas daigné, conformément à ses attributions, se démarquer de cette entorse à la liberté d’expression au Bénin,


Le Réseau des Journalistes en Droits de l’Homme du Bénin (WANJOP-BENIN):


- proteste vigoureusement contre la propension du gouvernement à baffouer la liberté de presse chèrement acquise au Bénin.


- s’indigne de l’attitude adoptée par la Haac dans cette affaire dont les répercussions négatives sur l’image du Bénin sont indéniables.



Fait à Cotonou le Jeudi 05 Août 2010


Le Point Focal de Wanjop- Bénin



Jean-Claude DOSSA


WANJOP Member Countries: Benin, Ghana, Nigeria, Sierra Leone, Togo, Gambia, Guinea Bissau, Senegal, Malí


“Ensemble, mettons les Droits de l’Homme au Coeur du développement”